© D. Rappez

Toute figure est une offense…..  F.J.

 

… Ce que je vois quand je commence un tableau, ce sont des choses qui n’ont pas de lieu propre ni d’identité claire, loin du bruit d’une définition quelconque car ce qui fut le moteur initial de ce travail est précisément le rapport entretenu entre toutes les notes constitutives d’une chose ( la visibilité, la figure, la substance, … ) et nous en tant que personne qui existe avec ces choses, par la vue, le tact, l’intellect…. Toutes ces facultés infiniment mystérieuses par lesquelles nous appréhendons le monde et dont nous ne définissons effectivement que les opérations. Il est exact que nous serons à jamais tenu sous le charme du lien secret qui uni la visibilité à la distance et l’image du « toucher de la vue » n’enlève rien au sortilège. Seul le tact de la main aboli la distance. C’est ce que tentent de manifester ces petits reliefs appliqués en relation avec d’autres parties peintes parfaitement planes. Ils sont comme les témoins de la dimension tactile des choses par rapport à leur dimension visible. La visibilité est un faux toucher ou un toucher plus subtil, plus immatériel qui permet la saisie de la figure par l’intellect. Je voulais rester au seuil de la saisie pour maintenir la sollicitation du regard et cette forme si étrange de donation qu’est la visibilité.

Il fallait aussi une matérialité spéciale au tableau pour que cette saisie ne ‘ tombe’ pas dans la peinture…

 

… Faire des petits tableaux pour ne pas disperser le regard, pour éviter l’élan physique qui nécessairement résulte de cette dispersion, pour ne pas défaire le toucher de la vue…

 

… Faire des tableaux qui soient autant des choses que des images…